mercredi 12 novembre 2008

Jolies colonies de vacances?


Les draps étiquetés de rouge, les joyeux repas sandwichs goût foul (fèves), oeuf ou aubergines (mais si, c'est bon!) entre boursiers, et les cafés turcs "mabsout" ("mabsout" étant au café, ce qu'"al-dente" est à la nouille) pourraient laisser penser que je suis en VACANCES. C'est oublier que nous sommes tous munis du code de la bibliothèque qui nous permet (nous intime?) de travailler à toute heure... Ayant personnellement le vulgaire besoin de dormir des faibles, j'y ajoute la tare d'écrire ce blog (un quoi?) et me carapate discrètement pour vous taper honteusement ces lignes. Le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne suis pas encore beaucoup sortie de l'IFAO, si bien que ce n'est pas une vision très exotique (tant mieux?) de l'Egypte que je vous livre ici (d'où la rareté des photos)
Ah, si , hier je suis allée m'acheter à dîner! Et j'ai fait mes premiers pas en arabe, en demandant: "Sandwich fen?", ce qu'on pourrait traduire littérairement par "c'est par où le sandwich?" et miraculeusement j'ai été comprise... Il faut savoir qu'ici, de loin, j'ai du mal à faire la différence entre une boutique de sandwichs et un marchand d'enjoliveurs. (Et d'ailleurs, si quelqu'un a l'explication de cette déconcertante spécialisation, je suis preneuse!) Tout ce que je sais , c'est que la crise financière a de fortes répercussions ici, à cause notamment d'un effet de panique. Le prix de l'immobilier a augmenté de 40 pour cent en quatre mois, certaines denrées ont doublé comme le pétrôle ou le fer (mais je me doute que ce n'est pas une explication très satisfaisante pour ces enjoliveurs).
Bref, si le mystère des enjoliveurs reste entier, les difficultés économiques de l'Egypte, hélas, n'en sont pas un.
Dans le taxi, Rose, une égyptienne qui travaille à l'IFAO et qui m'accompagnait à la Société de Géographie, était étonnée de l'honnêteté du chauffeur (qui roulait dans le pire tacot que j'ai jamais vu et pourtant ce n'est pas la première fois que je viens en Egypte: j'ai du soulever le joint de la portière qui pendouillait lamentablement pour monter). Il avait rendu 36 portables dans sa carrière. Je raconte à Rose (pour l'anecdote, pas pour la morale) qu'au Japon, on a coutume de rendre un yen ou des millions. Et elle me répond, un peu triste, que la situation économique est si désastreuse en Egypte que les gens prennent ce qu'ils peuvent. Et ça m'a rappelé une phrase qui m'avait beaucoup marquée dans un texte pharaonique :
"Ne reproche pas le vol à celui qui n'a rien"

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